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Les bouchons

Bernard Landreville par Bernard Landreville
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Article mis en ligne le 4 septembre 2008 à 17:28
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Les bouchons
Traditionnellement, dans le monde du vin, les bouchons ont été faits de liège.

Les bouchons de liège étaient utilisé chez les Grecs et les Romains pour le bouchage des amphores, c’est tout dire. Son utilisation fut délaissée pendant une certain temps, c’est à dire avec la décadence de l’Empire romain et pendant tout le Moyen Âge.
Le liège fit son retour triomphal vers les années 1680, grâce à Dom Pérignon qui remarqua que les pèlerins venus d’Espagne portaient des gourdes avec de tels bouchons.

Le bon père, qui est à l’origine du Champagne tel qu’on le connaît maintenant, trouvait ces bouchons bien plus avantageux que ses chevilles de bois recouvertes de chanvre huilé qu’il utilisait.

D’où vient le liège des bouchons? Il provient de la couche extérieure du chêne-liège qui pousse généralement dans la région située autour de la Méditerranée.

Les bouchons ne peuvent être prélevés dès les premières levées. Il faut habituellement attendre à la sixième levée avant de pouvoir utiliser le liège à des fins de bouchage du vin. Par la suite, la vitesse de croissance de chacun des arbres varie en fonction des sols, du climat et de la région d’où ils proviennent, soit entre 9 et 15 ans.

Vous comprendrez qu’avec la prolifération des vignobles à travers le monde, les grands producteurs de liège n’arrive pas à suffire à la demande. De là les nouvelles techniques de bouchage du vin et j’irai même plus loin, les nouvelles techniques d’emballage du vin.

D’ailleurs, nous reparlerons lors de futures chroniques, de ces nouveaux modes de transport du vin. Nous avons donc connu les bouchons en aggloméré de liège sur lesquels étaient collées des pastilles de liège véritable, des bouchons de matières synthétiques, qu’elles soient de plastique ou autres, des capsules à vis (twist cap) sans compter les robinets pression des viniers. Qu’en est-il de tous ces produits?

Il faut, d’entrée de jeu, mentionner que bon an mal an, il se perd dans le monde entre 3% et 10% de tous les vins embouteillés et obstrués avec un bouchon de liège. Une quantité astronomique de vin de qualité est donc ainsi perdu à cause du liège. Il s’agit bien entendu d’une perte sèche, sans jeu de mot, pour les producteurs et au prix auquel le vin se vend en 2008, cela représente des milliards de dollars volatilisés inutilement.

À cause du décorum entourant les grands crus de ce monde et les Champagnes et tout le cérémonial dévolu aux vins les plus fins, je ne crois pas que le bouchon de liège soit sur le point de disparaître mais ne soyez pas surpris si votre vin de tous les jours se retrouve enfermé à l’aide de l’un de ces nouveaux artifices.

Les vignobles et Châteaux qui offrent les vins les plus chers auront toujours les moyens, grâce à leur clientèle pour qui le prix a peu d’importance, de s’offrir les meilleurs lièges.

Quand on pense aux Pétrus, Château Margaux et autres Romanée Conti de ce monde qui coûtent près ou plus de mille dollars la bouteille, un bouchon à un ou deux dollars ne fera pas la différence mais pour un vin vendu par un producteur aux alentours de 8 à 10 dollars, le coût de ces bouchons devient prohibitif.

Vous vous demandez sûrement si la qualité de ces nouveaux bouchons est bonne mais surtout si ils n’altèrent pas le goût de votre élixir préféré.

Des tests à l’aveugle ont prouvé que les bouchons synthétiques ou les capsules à vis n’altèrent en rien ni le côté olfactif ni le côté gustatif du vin.

Bon, il y a bien de ces bouchons synthétiques qui sont si durs qu’ils demandent un effort surhumain pour les percer mais le jeu en vaut habituellement la chandelle. On vous dira que seuls les vins d’entrée de gamme sont refermés à l’aide de ces bouchon mais rassurez-vous, tel n’est plus le cas. Il y a maintenant de superbes vins qui les utilisent à présent.

Pour illustrer cette affirmation, je vous propose cette semaine un vin rouge de Californie, le Big House Red. Ce dernier est emprisonné dans sa bouteille grâce à une capsule à vis mais, est l’un de mes vins de tous les jours, les plus prisés. Issu d’un assemblage plutôt exubérant de onze cépages, il n’est pas surprenant de le voir ainsi coiffé. D’un rouge violacé, il a des arômes de petits fruits noirs. Au goût, on a l’impression de croquer dans des fruits pulpeux avec une touche de poivre noir, accompagnée d’une finale boisée, le tout, sur des tanins présents mais souples. Maintenant que l’été nous tend ses chauds rayons de soleil, un Big House Red et des grillades feront votre bonheur, je vous le promet. Quel délice!

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Commentaire mis en ligne le 9 septembre 2008
M. Landreville, c'est chroniques sont un vrai délice et je vous en félicite.

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